Le Mali

Géographie du Mali

Le Mali est un pays enclavé entre sahel et sahara. Il couvre une superficie de 1 ,2 millions de km². Il partage 7 420 Km de frontières avec 7 pays :
  • l’Algérie,
  • le Niger,
  • Burkina Faso,
  • la Côte d'Ivoire,
  • la Guinée,
  • la Mauritanie,
  • le Sénégal.

Cartes du Mali

Carte générale du Mali 2


La population du Mali, s’éleve à environ 14,5 millions d’habitants en 2009, et est essentiellement rurale. Les principales villes sont Bamako, la capitale, Kati, Kayes, Ségou, Mopti et Sikasso.

Le relief

Le Mali est un pays vallonné. Son relief comprend  :
  • Les monts Mandings avec des altitudes variant de 400 à 800 mètres
  • La falaise de Bandiagara au pays Dogon
  • Le Mont Hombori, sommet le plus élevé du mali qui culmine à 1 155 mètres
  • L'Adrar des Ifoghas, extension des massifs cristallins du Sahara central, culmine à 890 mètres

Climat

Le pays possède trois grandes zones climatiques :
Les deux tiers nord du pays, entièrement désertiques, appartiennent au Sahara méridional, nommé aussi l'Azawad, avec des précipitations annuelles inférieures à 127 mm. Cette région est traversée par des nomades avec leurs troupeaux ;

Le centre : la région sahélienne, relativement sèche (aux pluies tropicales relativement insuffisantes), est couverte de steppe remplacée progressivement vers le sud par la savane. La vallée du Niger est cultivée grâce à certains travaux de mise en valeur : on y trouve du riz, du coton, de l'arachide, du mil, du sorgho. Une vaste étendue dans le centre du Mali est constituée par des marécages, dus aux nombreux bras du Niger ;

La région soudanaise est une zone avec des précipitations de 1 400 mm par an et des températures moyennes comprises entre 24 et 32 °C. Elle est, dans sa partie nord, de savane devenant de plus en plus dense et se transformant progressivement en forêt vers le sud.

Hydrologie : des eaux abondante, mais mal réparties

Deux grands fleuves traversent le Mali :
Le Niger qui parcourt le Mali sur 1 700 km. Le Bani est un de ses affluents. Le Delta central du Niger, entre Tombouctou et Léré est une vaste zone inondée après la saison des pluies. Après la décrue, la région est parsemée de lacs, comme le lac Débo et le lac Figuibine,

Le Sénégal. Parmi ses affluents, on peut citer le Bafing, le Baoulé (rivière) et la Falémé.

Les précipitations sont en moyenne de 282 mm par an. Contrairement aux idées reçues, le problème de l'eau au Mali n'est pas due à sa pénurie, mais plutôt à sa répartition spatiale et temporelle, donc à la nécessité de son stockage et de son adduction. Mais faute d'entretien beaucoup de cours d’eau sont menacés par l’ensablement, notamment dans le nord malien.

Des plaines d’inondations s’étendent tout  le long du fleuve Niger. le delta intérieur du Niger, situé dans la zone de confluence du Niger et de son affluent le Bani, couvre une surface maximale de 41 000 Km2, regroupant de nombreux lacs, mares et marécages. En raison de sa richesse écologique, le delta a été classé.

Dix-sept grands lacs sont répartis dans le nord, essentiellement sur la rive gauche du Niger. Les principaux sont les lacs Faguibine, Télé, Gouber, Kamango, Daoukiré, Daouna, Fati, Horo, Kabara et Débo. Plus de 200 mares sont également recensées, dont moins d’un tiers sont pérennes, principalement dans le Gourma, entre Gao et Tombouctou.

Le désert

Le Sahara occupe une partie importante du territoire malien.

Il y a 10 000 ans, le Sahara connaissait plusieurs réseaux hydrographiques :
  • le bassin d’Arouane, relié au fleuve Niger au niveau de Tombouctou comprenant un delta intérieur de 50 000 Km2
  • la vallée du Tilemsi, provenant de l’Adrar des Iforas et se jetant dans le Niger à Gao
  • le bassin de l’Azaouak.

La végétation

Les forêts maliennes, qui couvraient dans les années 1985-1991, 100 millions  d’hectares sont victimes des défrichements agricoles, des coupes abusives de bois, des feux de brousse. L’augmentation de la population urbaine et l’accroissement des besoins en bois, principales sources d’énergie domestique. En 2000, la FAO estime que le couvert végétal diminue de 100 000 hectares chaque année. Le pastoralisme contribue également à la dégradation du couvert végétal.

Faune et flore

La flore malienne est très diversifiée, avec 1 739 espèces recensées, dont au moins huit espèce sont endémique au Mali.

Le Mali possède une faune également très diversifié, avec 70 espèces de grands mammifères dont certains en voie de disparition comme l’éléphant, l’éland de Derby, la girafe, l’addax, l’hippopotame nain, le guépard, le lycaon…, 640 espèces d’oiseaux, 143 espèces de poissons.

Le braconnage, mais aussi la destruction des espaces naturelles, sont les principaux dangers pour la faune, même si le Mali a mis progressivement en place des aires de protections (une réserve de biosphère, 2 parcs nationaux, 8 réserves de faune, 1 sanctuaire, 3 sites RAMSAR, 1 parc biologique et 6 zones d’intérêt cynégétique, qui couvre 7 % du territoire.
Géographie humaine

population : l'urbanisation croissante

Le Mali, pays dont la population est encore essentiellement rurale, connaît une urbanisation croissante. La population urbaine, estimée à 3,3 millions d’habitants en 2006 soit moins d’un tiers de la population totale devrait atteindre les 12 millions en 2025, soit environ la moitié de la population totale. Cette urbanisation, souvent anarchique, engendre plusieurs conséquences : diminution des espaces verts, ...Bamako, est la principale bénéficiaire de cette urbanisation galopante.

Histoire du Mali

Le Mali, pays d'Afrique de l'Ouest, tient son nom de l'ancien Empire du Mali qui a connu son apogée au XIVe siècle. Il est issu de la cission de la "Fédération du Mali", constitué lors de l'indépendance en 1959, du Soudan français et du Sénégal.

Le Mali siège de cinq grands empires : l'empire du Ghana, l'empire du Mali et l'empire songhaï, colonie française puis indépendant en 1960, soumis à la dictature de Moussa Traoré avant de connaître un régime démocratique depuis le début des années 1990, a une histoire riche et assez bien connue.

Une présence humaine avérée dès la préhistoire

Les premières traces de peuplement humain sur le territoire de l'actuel Mali remontent au Ve millénaire av. J.-C., (néolithiques du Sahara dans l'Adrar des Ifoghas). A partir du IIIe millénaire av. J.-C. on assiste à afflux de populations berbères vers le nord de l´Afrique. Les populations noires s´installent au sud, dans la vallée du Niger. Les premières formes de vie urbaines apparaissent alors à Djenné-Djenno.

Les trois grands Empires

L'empire du Ghana
Nommé Ouagadou et développé par les Sarakolés au IVe siècle,l fonde sa prospérité sur le sel et l'or. L'empire se désagrégera vers 1076 soumis aux pressions des bérbères venus islamisés le Sud-Saharien et la bande sahélienne.
L'Empire du Mali
Fondé au XIe siècle et unifié par Sundjata Keïta en 1222, il connaît son apogée sous le règne de Mansa Moussa et s'étend sur une région comprise entre l'océan Atlantique et le Niger. Ce souverain sera célèbre pour les fastes de son pèlerinage à la Mecque. Son armée était composée de 100 000 soldats.

La prospérité de l'empire reposait sur le commerce transsaharien du cuivre, du sel, de l'or et des étoffes. Les caravanes favoriseront les échanges culturels. Tombouctou, Gao et Djenné furent les centres économiques et culturels de cette civilisation au centre de l'islam soudano-malien.
L'Empire songhaï
Il supplante l'empire du Mali à partir du XVe siècle, s'étendant sur la plus grande partie du Mali actuel avant d'être démantelé au XVI ème siècle par les troupes du pacha Djouder. Une mosaïque de petits États (royaumes bambaras de Ségou et du Kaarta, l'Empire peul du Macina, l'Empire toucouleur, le Royaume du Kénédougou...) lui succède. La pratique de l'esclavage se développe pendant cette période. Au XIX ème siècle les bambaras qui comme les dogons ont résisté à l'islamisation sont victimes de la guerre sainte menée par le chef musulman El Hadj Oumar Tall.
Oumar Tall
Oumar Tall, formé à l'université d'Al Azar au Caire et de retour de pèlerinage de la Mecque, entreprend  la création d'un empire théocratique musulman. Avec une armée de 30 000 hommes, il lance un Djihad en 1852. Après de nombreux succès militaires, il se heurte aux troupes française implantées depuis 1855 à Médines . La conquête de Nioro puis de Ségou marquerons sont appogée, vaincu par les peuls du Macina. Son empire ne lui survivra pas.

La colonisation française

Pénétration coloniale et résistances
La pénétration coloniale française se fait à partir du Sénégal. Les français conquièrent progressivement tout le territoire de ce qui allait devenir le Soudan français : Bamako en 1883, Ségou en 1890, Tombouctou en 1894, Gao en 1899. La conquête française profite de la division du Mali en une multitude de petits royaumes, jouant les uns contre les autres. Le royaume du Kénédougou, dernier bastion de la résistance malienne dont la capitale est Sikasso, tombe le le 1er mai 1898.
La colonisation
Le territoire malien, dénommé Haut-Sénégal-Niger devient, en 1895, une colonie française intégrée à l'Afrique-Occidentale française intégrant une partie de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger actuel. dont Bamako devient le chef lieu en 1907.
En 1920, elle est appelée Soudan français. En vue d’assurer sa domination sur les populations africaines, le colonisateur français met en place un système très centralisé. En 1959, Modibo Keïta devient le premier maire élu de Bamako. Les Français cherchent à développer les cultures irriguées de la vallée du Niger dont les productions sont exportées vers la métropole. L'essentiel des investissements est ainsi concentré sur l'Office du Niger. Cette politique permet d'augmenter substantiellement les productions de riz paddy, arachide, et coton.

Vers l'indépendance : la république soudanaise et la Fédération du Mali

Deux partis politiques dominent
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, deux assemblées sont créés, l'une pour les colons, l'autre pour l'élite autochtone. Rapidement, US-RDA de Modibo Keïta, s’impose. En 1957, Modibo Keïta devient secrétaire d'État à la présidence du conseil.
La Fédération du Mali
La question du fédéralisme divise les leaders africains. Le 23 janvier 1959, l’Assemblée du Soudan adopte la constitution de la république soudanaise et la constitution fédérale. Le Sénégal et le Soudan français adhérent seuls à la Fédération du Mali. L’indépendance est proclamée le 20 juin 1960.
La crise de la Fédération
Les divergences entre les Soudanais et les Sénégalais sont nombreuses. Le 20 août, l'assemblée sénégalaise proclame l'indépendance du Sénégal. Le 5 septembre, Léopold Sédar Senghor est élu président. Le 11 septembre, l’indépendance du Sénégal est reconnu par la France. Le 28 août, le Mali et le Sénégal entre aux Nations unies.

La première république

Une économie de type socialiste
Le régime souhaite une modernisation de l'agriculture dans le sens d'un socialisme collectiviste. L'État tente de lutter contre les chefferies traditionnelles. Ainsi, les paysans sont incités à adhérer à l'US-RDA (parti unique) et à participer à des travaux collectifs. Mais les paysans s’investissent peu dans le système collectif.

Les paysans sont forcés de vendre leur production de céréales à des prix très bas fixés par l'État. Pour assurer l’approvisionnement des villes. Mais généralement, ils préfèrent vendre leur production aux commerçants privés plutôt qu'à l’Etat. L’Etat crée de grandes entreprises pour s’assurer le monopole sur le transport et le commerce (Somiex : sucre, le thé et le lait en poudre, régie des transports du Mali , Société des conserveries, cimenterie …)et amorce une timide industrialisation.
Le Franc malien (non convertible) remplace le franc CFA. Les  commerçants grands perdants des réformes se révoltent et sont durement réprimés.Le marché noir se développe.
Relations internationales :
non alignement et panafricanisme affiché
Le dialogue avec la France est tendu. Le président Modibo Keïta annonce que le Mali fait partie des pays non alignés. En janvier 1961, Modibo Keïta, soutient les Algériens dans leur guerre d'indépendance réclamant le départ des troupes du Mali. En juin 1961, le Mali décide de quitter l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA).En septembre 1961, le Mali participe à la conférence des non alignés à Belgrade.
Le Mali joue un rôle actif au sein de l'Organisation de l'unité africaine.1962
Apaisement avec les voisins
Les relations avec le Sénégal se normalise avec la suppression des visas entre les deux pays en février 1963.En février 1963, le président malien reçoit le président mauritanien Mokhtar Ould Daddah à Kayes et signe avec lui un accord frontalier.

Mais la répression intérieure, va contribuer à accroître l’impopularité du régime de Modibo Keïta.
Le 22 janvier 1968, Modibo Keïta dissous l’Assemblée nationale et décide de gouverner par ordonnance. Le 19 novembre 1968, des militaires renversent le régime de Modibo Keïta.

Le régime militaire et autoritaire de Moussa Traoré

Un régime d’exception
Un régime d’exception est mis en place. Le 7 décembre 1968, la constitution est abolie et remplacée par la Loi fondamentale. le CMLN est l'organe suprême du pays, son président, Moussa Traoré, est chef de l'État. Le chef de l’Etat s’accapare peu à peu tous les pouvoirs, purgeant la plupart de ses anciens camarades. La société civile est mise au pas.

Le parti malien du travail (PMT) s’active dans la clandestinité pour la défense des libertés individuelles et l'instauration du pluralisme politique.
La deuxième république : le parti unique
Moussa Traoré fait approuvé le 2 juin 1974 une nouvelle constitution créant la 2e république par référendum. Le 16 mai 1977, Modibo Keïta meurt.
La contestations du régime par les étudiants et élèves
Le 10 février 1977, une manifestation violente se déroule à Bamako, organisée par une fraction de l'Union lycéene et étudiante. Le 17 mai, Modibo Keïta est enterré à Bamako. Une manifestation spontanée rassemble plusieurs milliers de personnes. L'état d'urgence est décrété .

Le 26 novembre, une marche sur le ministère de l'Éducation nationale à Bamako est organisée et dégénère. Le 18 décembre, une nouvelle manifestation fait 15 morts. Le 8 mars 1980, une nouvelle manifestation est sévèrement réprimée par la police.
Le combat pour le multipartisme
En1986 le Front national démocratique populaire (FNDP) qui rassemble la plupart des grands partis d’opposition. Le 18 octobre 1990, le Comité nationale d'initiative démocratique (Cnid) est créée à Bamako afin d’agir pour le multipartisme. Ces associations vont mobiliser la population. Ainsi, le 30 décembre 1990 une marche unitaire est organisée par le Cnid et l’Adéma à Bamako qui rassemble de 30 000 à 50 000 personnes.

Le 3 mars 1991, une marche unitaire rassemble le Cnid, et d’autres partis et associations de l’opposition.
Le 26 mars 1991, face à la pression des manisfestants, Moussa Traoré est arrêté par le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré. Un comité de réconciliation nationale est formé par les militaires.
Économie
Sous le régime militaire, le collectivisme est abandonné. A partir de 1972, les efforts sont centrés sur les cultures de rentes (riz, arachide, coton) au détriment des cultures traditionnelles locales (mil, sorgho ou maïs) avec comme objectif d' « intégrer les paysans à l'économie capitalisme mondiale ». Les cultures de rentes (Arachide, coton,…), rapportent des devises à l’Etat. Ainsi, le coton représente entre 40 et 50 % des recettes d’exportations. La grande sécheresse de 1973-1974 touchera profondément le Mali.

La transition démocratique

Le Comité de réconciliation nationale rassemble les organisations démocratiques nomme un Comité transitoire pour le salut du peuple assumant les fonctions de gouvernement provisoire. Le 12 janvier 1992 une nouvelle constitution est adoptée. Alpha Oumar Konaré remporte les premières élections.

La troisième république

En février 1993, Moussa Traoré est condamné à mort (gracié en 2002). Alpha Oumar Konaré est réélu le 8 juin 1997, président dans la tension. La décentralisation est l’une des œuvres la plus importante de la 3e république.

Le 1er septembre 2001, Amadou Toumani Touré, demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l’armée pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle. Il est élu président du Mali en mai 2002 avec 64,35 % des voix au second tour. Le 29 avril 2007, Amadou Toumani Touré est réélu au premier tour avec 71,20% des voix, bien que cette élection soit contestée par les principaux candidats de l’opposition.

Les relations commerciales, politiques et culturelles avec la France se diminuent au profit de celles avec la Chine, la péninsule arabique et les États-Unis.